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ma douleur, le soutenir par le réconfort de ma présence. Je le caresse par le gémissement de ma prière; je l’accompagne par l’angoisse d’une mère blessée; je le conduis vers le sommet du Golgotha sur mon Coeur Immaculé, maintenant uni au sien dans une offrande unique à la volonté du Père.
Je suis près de lui lorsqu’ils le dépouillent de ses vêtements et, dans un geste de maman compris et accueilli par les bourreaux, je donne mon voile blanc pour qu’il soit protégé dans sa pudeur; je le regarde lorsqu’ils l’étendent sur la croix. Je sens les coups de marteau sur les clous, qui transpercent les mains et les pieds; mon âme ressent violemment le terrible choc de la croix dans le sol, qui le fait sursauter de douleur.
Je suis sur la croix, en ce vendredi saint, pour vivre avec mon Fils les heures longues et terribles de sa passion. Je suis enveloppée, comme d’un manteau, par la paix qui émane de son corps immaculé; il y a comme un fleuve de grâce qui m’envahit et je sens jaillir en moi une immense capacité d’amour; mon âme s’ouvre à une nouvelle et plus grande vocation maternelle, tandis que mon Coeur Immaculé recueille chaque goutte précieuse de sa souffrance pendant les heures de l’agonie.

Ce vendredi saint a vraiment illuminé chaque jour que le Seigneur vous a accordé pendant votre pèlerinage terrestre, ô nies enfants, parce que c’est en ce jour que vous avez été rachetés.
Contemplez tous Celui qu’aujourd’hui, ils ont transpercé! Laissez-vous laver par son sang, pénétrer par son amour, engendrer par sa douleur, cacher dans ses plaies, revivifier par son offrande, racheter par son
nouveau et éternel sacrifice.
Ce vendredi saint se renouvelle lorsque Jésus s’immole encore pour vous, aussi d’une manière non sanglante, dans le sacrifice de la sainte Messe. Alors se renouvelle mystiquement pour vous le don suprême de cette journée.
Mais, auprès de Jésus qui s’immole, se répète aussi l’offrande douloureuse de votre céleste Maman, qui est toujours présente près dc tout autel où se célèbre la sainte Messe, comme elle le fut durant le long et douloureux vendredi saint.
Que soit grande et irrésistible votre confiance! Le mal, tout mal, et l’esprit du mal, Satan votre adversaire depuis le début, ont été vaincus et réduits désormais à un perpétuel esclavage. Que sa grande agitation d’aujourd’hui ne vous épouvante pas, ne vous trouble pas! Vivez dans la joie et la paix de Jésus, victime douce et paisible, offerte au Père sur la croix comme prix de votre perpétuel rachat.
Maintenant que l’obscurité s’est de nouveau répandue sur le monde et que la nuit enveloppe l’humanité égarée, en son vendredi saint, regardez vers Celui qu’ils ont transpercé, pour comprendre comment la victoire sur le mal, sur la haine et sur la mort vous a été désormais obtenue pour toujours par la force de l’amour miséricordieux de Jésus, votre Rédempteur.»
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