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Dunkerque, me voici!


Le Supérieur à l'occasion de la Fête de Saint Casimir 1986, le 4 mars, m'informe que je suis muté à Dunkerque! Je doit y aller prendre en charge la Mission Polonaise au plus vite, parce que le Curé actuel, le père Jerzy Chorzempa devra partir au Maroc pour la Fête de Pâques prochaine à la place du père Edmond Wojda qui lui partira en Irak, parce que là-bas le père le 31 décembre dernier le père Stanisław Ułaszkiewicz a trouvé la mort dans les circonstances non encore explicitées. Voilà donc comment la Divine Providence et les Supérieurs de la Congrégation ont fait déplacer les prêtres au niveaux internationnal et je m'y trouvé engagé aussi comme seul prêtre Responsable de la Mission Polonaise à Dunkerque et toute la Flandre française. C'était pour mon cas un déplacement au sein d'une même Diocèse, celle de Lille et avant la Semaine Sainte par l'Autoroute A25 j je m'installe à 101, rue Gaspard Neuts pas loin de la Mer du Nord, dans cette belle ville reconstruite après les dégats causés pendant la deuxième Guerre mondiale. Une maison avec une chapelle à l'intérieure mais pas de parking pour la voiture; il y aura alors à subir plusieurs cambriolages. Peut-on toujours garder sa voiture dans la rue même si c'était juste devant la maison? Chez une femme polonaise et veuve Madame Władysława Dzięcioł je trouve l'accueil comme à son époque et dans le pays étranger le prophète Elie; je suis régulièrement nourri et cela gratuitement. Elle est originaire de Częstochowa en Pologne d'où elle étais venue avec son marie Stanisław travailler dans les fermes aux alentours; c'était il y a déjà longtemps; elle est veuve et leur enfant n'a pas survécu à une maladie grâve non plus. Ce fils unique -elle me l'a raconté - étais un enfant de coeur dans cette paroisse où elle habitait maintenant. Un jour il est revenu du service de la Messe et il dit: Maman, maman, le Curé a mis les Saints en prison! Comment? Que'est-ce que tu raconte? C'est vrai,maman! Et il raconte qu'en venant à l'église le matin avec d'autres servants de l'Autel ils se sont aperçus qu'ils n'y avait plus ni des statues ni des saintes images à l'église. Après la Messe un d'entre eux a osé de poser la question à ce sujet au Curé. Alors il les avait conduits à une cave du présbytère et leur a montré derrière les grilles les Saints qui avant le Concile Vatican II avaient leur place à l'intérieur de l'église. Cette histoire vraie dont je me suiviens très bien m'a fait écrire le titre du chapitre précédent: L'Eglise de France, qui est-tu? Mon amour pour la France se réalise plus facilement curieusement que mon amour pour l'Eglise qui est en France. Et cela jusqu'aujourd'hui! Comment cela est-il possible? Je me le demande aussi. Récemment quelqu'un d'important dans l'Eglise a écrit à mon Supérieur: "Le Père Casimir Kuczaj est très inadapté aux réalités pastorales françaises. Son curé ne peut lui confier d'autres missions à cause de son incompréhension des mentalitées françaises. J'espère que vous pourrez trouver un lieu plus adapté à sa personnalité...je crois qu'il ne réalise pas bien son inadaptation" (la lettre est datée du 8 avril 2014). Et voici ce que lui a répondu mon Supérieur, le père Jan Ciągło: "Personnellement, je suis très étonné par votre constat. Je connais le père KUCZAJ depuis trente-deux ans; comme vous le savez, il a fait ses études philosophiques et théologiques en Pologne, études dont il est titulaire d'une maîtrise. Il est rentré à la Societas Christi - congrégation religieuse approuvée par le Vatican - pour réaliser la vocation sacerdotale enver les émigrés polonais dans le monde entier. Il réalise cette mission parmi les émigrés polonais en France depuis trente-deux ans, n'hésitant pas à oeuvrer avec l'Eglise locale (comme par exemple au Creusot ou à Abscon, Escaudain, Dunkerque, Roubaix...) Comme vous le signalez, le père KUCZAJ a fait preuve à chaque fois de fratrnité envers ses confrères, mais aussi d'ouverture envers tout le monde, d'intégration (citoyen français, il maîtrise parfaitement la langue de Molière)et d'un engagement sincère et profond dans sa mission sacerdotale. C'est pour cette raison que je suis assez consterné par les termes "très inaapté aux réalités pastorales françaises" et "incompréhension des mentalités françaises": sur quels faits vous appuyez vous pour formuler ces opinions, qui avec ce dégré me paraissent choquantes voire discriminatoires? C'est une situation qui me boulverse car une personne est jugée à cause de sa personnalité, de sa culture d4origine et de sa spiritualité. Je suis en désaccord avec les opinions que vous présentez à l'encontre du père KUCZAJ et je tiens à vous signaler que je ne suis pas favorable à son renvie du diocèse de Bordeaux"( la réponse est daté du 22 avril 2014. Je reviendrai plus tard à cette affaire..Je reviens à Dunkerque!

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