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Casimir Kuczaj SChr, prêtre

13, place Sainte Eulalie


33000 Bordeaux Bordeaux, Lundi Saint 14 Avril 2014


A son Eminence le Cardinal


Jean Pierre RICARD


Archevêque de Bordeaux


Monsieur le Cardinal et mon Père Evêque,



C'est avec une stupéfaction que j'ai appris par la bouche de votre Vicaire Général, M. l’Abbé Jean Rouet, rencontré le 7 Avril dernier, qu'il est probable que je ne sois plus autorisé à exercer mon ministère au sein de l'Eglise, que le Christ Jésus vous a confiée, à cause de ma 'spiritualité et mentalité' qui ne conviendrait pas à 'la pastorale française'.


Après avoir scruté ma conscience et prié, je demandais au Seigneur Jésus dans les jours suivants, ce que je dois faire, étant donné que je me suis trouvé profondément offensé par les arguments évoqués de mon inadaptation à 'la mentalité française' à cause de ma spiritualité et mentalité polonaise et aussi par un certain désaveu pour le charisme que j'avais reçu avec ma vocation religieuse et sacerdotale au sein de la Congrégation Societas Christi.


Je rends grâce à Jésus Christ de m'avoir choisi à Le servir dans le sacerdoce, ainsi que son Eglise, pour le salut des âmes des émigrés polonais, que j'exerce depuis trente deux ans en France. Je sais mon indignité et insuffisance dans l'accomplissent de sa sainte volonté; j'avance dans l'âge et me prépare à l'ultime rencontre avec Lui.


Néanmoins, je ressens une certaine oppression sur ma liberté de conscience, en souvenir des propos entendus, et une certaine discrimination spirituelle, comme si on se jouait de ma personne ‘à cause de ma spiritualité et mentalité polonaise’, sans que je sois en faute, sauf, peut-être, ‘d'être moi-même’. Je crois que le Christ Jésus me pousse à Vous écrire. C'est pourquoi, je vous adresse cette lettre pour vous demander de ne pas recourir à faire pression sur moi par l’intermédiaire de mon Provincial, Jean Ciaglo. A lui j’ai demandé de pouvoir rester à Bordeaux pour défendre éventuellement mes droits et mon honneur en tant que chrétien – prêtre – religieux et en tant que citoyen français.


Je laisse donc à mon Provincial, comme Jésus le faisait par rapport à son Père, en se réfèrant seulement à ses propres œuvres qu’Il accomplissait d’ailleurs en parfaite obéissance à ce même Père. Je suis venu à Bordeaux par obéissance à ma Congrégation dont le Provincial, le père Jean Ciaglo, a la charge du Superieur majeur en France et en Espagne. Je fait confiance à Jésus qui le guidera par son Esprit sur le vrai chemin de droits de Dieu et de droits de l’homme selon l’Evangile, pour que notre mission que le Christ nous confie dans son Eglise et dans le monde soit bien accomplie.


En tant que Français, voyant p.ex. les imigrés comme le premier ministre, M.Valts, recevoir la plus haute responsabilité en France, et en même temps étant confronté personnellement à une menace d’être ‘mis en cause d’inadaptation’ à travailler au sein de l’Eglise qui est à Bordeaux, pour une raison de mon identité avec ‘une mentalité polonaise’ et une spiritualité autre que ‘la pastorale française exigerait’, selon les propos de l’Abbé Jean Rouet, j’ai mal de voir cela et je souffre de mon Eglise Catholique en France ainsi conçue et présentée.


Puisque je suis Français depuis longtemps, je pourrais demander et chercher l’emploi, le travail qui s’offre dans ce pays, et là on respecte les droits de la personne à avoir la personnalité telle qu’on possède, d’être soi-même, jusqu’à même autoriser les mariages homosexuelles; et dans lEglise qui est à Bordeaux on me dit: ‘Vous n’êtes pas compatible avec notre pastorale’ ; donc, on va écrire à votre supérieur pour qu’il vous ‘enlève’. N’ai-je donc pas mes droits humains dans l’Eglise en les ayant par ailleurs dans la société française? C’est très bizzare comme situation et avant tout contraire à l’Evangile du Christ, je crois. Je suis actuellement la victime de ce regard et jugement sur ma personne qui me scandalisent, en tant que croyant. Pour le bien de l’Eglise, je n’écrit pas de lettre ouverte mais personnelle et privée à Vous seulement, avec la copie pour mon Provincial. Et j’ai décidé de ne pas informer les Polonais de ce qui nous arrive actuellement en espérant que le Cardinal de l’Eglise que vous êtes pourra mettre fin à toute cette histoire et tout ce qui s’était passé restera dans la discrétion.


L’Eglise du Christ qui n’agirait pas selon l’Esprit d’amour pour les petits et les faibles, et les immigrés en font partie, ne pourrait espérer d’avoir des nouvelles vocations sacerdotales et religieuses. Après l’Année de la Foi nous aurons l’Année de la Vie Consacrée et moi, en tant que catholique et une personne consacrée à Dieu, je dois amortir en moi-même cette peur de l’étranger en mon Eglise en rappelant les droits de l’homme dans le pays qui m’a accueilli avec tous mes droits et devoirs, et je dois souffrir puisque cette Eglise ne veut pas reconnaître mes droits à travailler pour le biens des âmes des immigrés polonais en fidélité à mon charisme du membre de la Congrégation Societas Christi. Ce n’est pas normale et c’est injuste, tout simplement.


C’est ma Lettre Personnelle à Vous, Monseigneur, dans laquelle je dis sincèrement mes sentiments dont je ressens. Je ne m’attendais pas à cela ici, après très bon accueil d’il y a bientôt quqtre ans par Vous, Monsieur le Cardinal. Si je résume mes propos, je dis: en tant que Français, je suis en colère, en tant que Polonais, je suis boulversé, en tant que chrétien, je suis scandalisé et en tant que prêtre religieux, je sens le Christ en moi d’être rejeté. Je m’explique: malgré que j’ai ouvert mon cœur du prêtre au vicaire général du Diocèse le 7 avril dernier, il semble qu’il n’a rien voulu comprendre et il a écrit à mon Provincial une lettre qui m’a présenté en ‘incapable’ et ‘bon à rienpour ‘une pastorale’ qui se veut être la meilleure du monde, mais elle ne l’est pas. La preuve? Je suis pour elle une personne génante, et en tant que prêtre encore plus, en occurrence, alors que je dois pouvoir m’épanuir dans l’échange mutuelle. Je pensait le vivre en bon collaborateur du Curé, l’abbé Didier Monget, et on dit qu’il ne peut trouver en mois de l’aide pour cette pastorale. Mais, pourquoi on n’a pas demandé son avis? Il me dit de n’être au courant de rien de ce qu’on me reproche. Une telle violence de regard négatifs sur ce que je suis en tant que personne humaine? Ma spiritualité et mentalité dérange au lieu d’être consultée, sans prétention aucune je le dis, mais au nom du Seigneur. Suis-je un mauvais ouvrier dans la Vigne du Seigneur puisque j’ai gardé des valeurs reçues lors de la première partie de ma vie en Pologne? Qu’on arrête de regarder des différence d’un mauvaise œil. Qu’il y ait des vocations nouvelles dans l’Eglise de Bordeaux, je prie tous les vendredis soir à l’église de Sainte Eulalie; mais il faut d’abord respecter celles que Dieu nous donne, quand elles viennent d’ailleurs, même de Pologne ! Mais quand on n’a des réalisations déjà plus mûres et on les méprise, le Seigneur ne veut pas d’une pastorale sans cœur et froide, dont l’effet je subis en ce moment, injustement. Le Seigneur me dit de me calmer et de pardonner à celui qui m’a offensée, et la Communauté en mon Provincial, qui devait lire une lettre mettant en mauvaise opinion sur lui, et le charisme qu’il tient du Dieu vivant, le don et le mystère, comme l’a dit bienheureux Jean-Paul II, par rapport à sa propre vocation.


Justement la spiritualité de Jean-Paul II m’a toujours inspiré et je voudrais la vivre dans la continuité de ce que j’ai reçu en Pologne, où j’ai vécu la moitié de ma vie et le reste je pense le vivre en France, si on ne me décourage pas trop d’y rester, comme on fait actuellement. Et je suis convaincu de l’importance de la révélation sur la miséricorde divine faite par l’intermédiaire de la sainte Faustine et portée à la connaissance du monde entier par Jean-Paul II. Est-ce cela qui gène dans ma spiritualité? Pourquoi? Alors, où on va? Puisse la canonisation des bienheureux Jean-Paul II et Jean XXIII en changer la donne. J’en appelle à leurs sainte intércession auprès du Christ en terminant cette Lettre.


Jésus j’ai confiance en Toi! Totus tuus ego sum Domine! Totus tuus ego sum Maria!


Veuillez agréer, Eminence, mes sincères salutations filiales en Jésus Christ notre Seigneur. J’offre ma prière à toutes vos intentions et de l’Eglise dont vous avez la charge.


Père Casimir Kuczaj SChr


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